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mercredi 9 mars 2022

The Batman

 The Batman : Le plus grand détective vengeur est de retour ! 



Alors que Gotham se noie sous la criminalité et la corruption, un chevalier noir, un vengeur agit depuis 2 ans pour tenter de sauver les citoyens. Mais un tout nouveau tueur en série arrive en ville.

Et le Riddler met au défi le lieutenant Gordon, la police de Gotham et Batman. 

Par des devinettes, il va soulever le voile sur la corruption et le mal qui ronge une cité aussi sombre que son héro. Il met aussi en lumière des secrets sur l'illustre famille Wayne, les parents de Bruce, alias Batman.

Entre Chat et loups, la course aux réponses et secrets va être intense !

Mais que ce qui se cache dans les ténèbres ?


Il est de retour ! Batman revient et il crève l'écran !

Après 9 autres films, le voilà de retour dans un tout nouvel univers (en principe pas lié au reste du DCEU... mais...).

Après Tim Burton avec son Batman et Batman le Défi, Joel Schumacher a pris la relève avec Batman Forever et Batman et Robin. Puis nous avons eu droit à la merveilleuse trilogie de Christopher Nolan : Batman Begins, The Dark Knight et The Dark Knight Rises. Enfin Zach Snyder nous a offert sa propre version avec Batman Vs Superman et Zach Snyder's Justice League.

Chacun a son charme, ses atouts. Oui, même la version clownesque de Clooney ! 

Certains sont cultes. Et chaque réalisateur a mis sa patte pour réaliser sa propre version plus ou moins torturée du justicier masqué !

C'est au tour de Matt Reeves de nous offrir la sienne ! 


Et elle rappelle les origines du comic de ce personnage si célèbre. 

En effet, ici, Batman n'est pas une âme torturée. Il ne pleure pas ses parents. Mais il est en colère et il se sert de cette envie de vengeance pour faire justice aux victimes des gangsters de la très gangrénée Gotham.

On ne renoue pas avec le passé douloureux de Bruce. Il est évoqué, il est toujours quelque part en fond dans les esprits, mais il n'est pas le centre de l'histoire. On n'est pas sur une Origin Story. Cela fait 2 ans que Bruce a commencé sa mission dans les ténèbres de la ville et qu'il combat à son échelle le mal qui ronge sa ville. 

Il dit être la vengeance par ce qui est arrivé à ses parents. C'est pour lui une forme d'exorcisme de sa colère de sa rage et de son envie que ce traumatisme n'arrive pas à un autre.

Nous n'avons pas un film de super héros ici, nous nous trouvons au centre d'une enquête sur un serial killer. Batman retrouve ses galons de détective sombre qui il collabore avec la police, car les crimes sont lié à lui. D'une part parce que Le Riddler lui laisse des messages et d'autre part parce que les crimes font ressurgir le passé de la famille Wayne. 

C'est un scénario assez limpide, qui se raconte lui même. On n'a pas de grande surprise, pas de twist à nous tordre le cerveau. Mais l'ensemble est assez intelligent pour nous accrocher tout du long des 3h de film. On ne les voit pas passer. 

L'histoire est sombre et Gotham est un personnage à part entière. Sale, tordue, elle a des cicatrices comme son justicier, mais elle a aussi de l'espoir et c'est en cela qu'elle se relèvera.

Bruce Wayne n'est pas un golden boy qui se déguise pour se venger. Il est au delà de ça. Il n'est plus que sa mission. Le reste importe peu. Il est économe en mot, il parle peu mais dès qu'il laisse sa rage explosé, il ne se retient plus. La violence est son mode d'expression. Pas de gadgets, juste un grappin et une cape évolutive. Il ne fait pas dans le James Bond. Même la batmobile est simple  mais rudement efficace. Rien que par le son de son moteur, elle impose la peur comme son conducteur. Bruce a laissé sa vie sociale derrière lui. Et ne se sert de la société que pour mieux traquer ses adversaires. 


Seul Alfred Pennyworth est au courant de ce qu'il fait et veille sur lui . Il lui rappel qu'il n'est pas que rage et vengeance. Il a aussi un héritage, il est aussi un être humain qui mérite plus que ce qu'il se permet. 

Le lieutenant Gordon, est une aide précieuse dans la lutte contre le crime. Lui et Batman on une relation de confiance toute relative, mais qui fonctionne et leur permet à l'un comme à l'autre d'être plus efficace.

Selina Kyle est une serveuse, voleuse qui va se retrouver par hasard sur le chemin du chevalier justicier. Ils ont des intérêts en commun, mais pas forcément la même façon de faire. Mais chacun va faire en sorte d'atteindre son but. Que ce soit un sauvetage, une vengeance, ils font front et s'entraide parce qu'ils tiennent l'un à l'autre et qu'ils veulent sauver l'autre malgré tout !

Quand aux méchants, ils sont soit glaçants, soit caricaturaux, soit grotesques !

Le Riddler flirte entre folie et super intelligence. Terroriste, vengeur des floués de Gotham, il va donner du fil à retordre à l'homme chauve souris. 


Le Pingouin est un mafieux dealer, entre la parodie et le cliché du gros lourdingue, il est aussi retord que puissant dans son milieu. 

Et Carmine Falcone est la caricature même du parrain mafieux qui règne sur les basfonds de Gotham. Intouchable, pourri jusqu'à la moelle, il serra difficile à rencontrer pour mieux le confronter.  

Chaque personnage a un lien avec le chevalier noir et leurs rencontres et leurs confrontations mettrons en avant le passé des uns et le but des autres. 


Les combats sont intenses et violents. Nous sommes au delà de la violence gratuite. Elle sert un but. Entre envie de se venger, expression d'énigme et fureur d'un monde pourri, elle est une entité vivante et puissante.

Ils sont d'ailleurs chorégraphiés et superbement mis en scène. 

Les effets spéciaux sont aussi très impressionnants. Explosions, cascades, Fx, on est au spectacle mais sans trop en faire. Ils desservent bien l'histoire. 

Quand à la réalisation. Matt Reeves nous offre un grand film d'enquête, de revanche et de vengeance. 

Il redore le blason de DC avec un film qui réuni ce qui a toujours fais de cette écurie de comics son étendard: le côté sombre, le sérieux et la brutalité de son histoire. 

Ces derniers temps, Warner avait pris l'habitude de marveliser ses films et du coup, des personnages trash et brutaux se servaient un peu trop de l'humour et des couleurs pour faire passer la pilule de leur univers. 

Ici, on retourne aux origines et on fonce dans un monde en noir et rouge. On retrouve quelques airs de western avec des plans de Batman qui marche seul, dans des flaques, à l'endroit ou à l'envers histoire de renforcer la peur qu'il utilise aussi bien que sa force. On pourrait aussi se rapporter à des vieux films de gangsters genre Le Parrain ou des policiers comme des Eastwood.

Reeves nous offre des plans qui vont devenir cultes, une histoire solide et il sait mettre en avant ses personnages et son histoire. 


Pour finir, le casting. 

Ici, on a un casting 4 étoiles qui nous offre le meilleur de leurs talents pour donner vie à des personnages cultes. Et ils réussissent à la perfection. 

Robert Pattinson, décrier tant et plus parce qu'il a osé faire une saga de films de romance plus ou moins réussi, a su exploser l'écran. Il a su bâtir un corps, une interprétation et un charisme digne d'une rock star pour interpréter le justicier vengeur. Si les gens avaient un peu suivi sa carrière dans le cinéma indépendant, ils auraient vu le potentiel immense de cet acteur. Il n'a pas fini de nous éblouir ! (étincelle, paillette… vous avez la référence..??? ). Parfait dans la retenu verbale et explosif dans le physique, ce Batman est imposant et nous offre un tout nouvel univers.

Zoë Kravitz nous offre une nouvelle version de Selina Kyle alias Catwoman. En colère contre le monde entier et surtout certaines personnes des basfonds de Gotham, elle va se devenir une alliée précieuse et une âme à laquelle Batman peut se rattacher. Kravitz fait du très bon boulot et est parfaite dans son rôle. Féline, intelligente, elle est une Selina dans l'air du temps.

Paul Dano est le Riddler. Personnage mythique, intelligent mais délirant, il est un des ennemis du Bat. Il essaie de le faire réfléchir à ce qui l'entoure et il essaie de lui ouvrir les yeux. Il veut imposer sa vision du monde. Ce que Gotham a fait de lui. Dano est incroyablement doué. Que ce soit dans sa folie ou sa violence, il est entre amour et hystérie. Un ennemi parfait! Vite une nomination aux oscars pour ce monsieur !!!! 

Colin Farrell est Oswald Cobblepot alias le Pingouin. Au service du grand mafieux de Gotham, il est aussi respecté que son patron par sa force, sa laideur et sa violente intelligence. Farrell est méconnaissable ! Tellement maquillé, transformé que vous ne reconnaitrez que son menton ! Un bon truand comme on les aime !

Jeffrey Wright est le lieutenant James "Jim" Gordon. Un des rares flics incorruptibles de Gotham, il aide Batman dans sa mission et vice versa. Ils ne sont pas amis, mais ça s'en rapproche. Ils savent qu'ils peuvent compter l'un sur l'autre. Wright a la gouaille de l'emploi. Il rempli parfaitement son rôle et donne du répondant à un Batou parfois en roue libre. 

Andy Serkis est Alfred Pennyworth. Majordome de la famille Wayne, il est ce qui se rapproche le plus d'un père, voir d'un ami pour Bruce Wayne. Fort, intelligent, il met toutes ses compétences d'ancien espion au service de son maître. Serkis est excellent dans ce rôle et répond avec force et pertinence à son patron qui perd un peu de vue les enjeux de son héritage.

John Turturro nous offre un Carmine Falcone mafieux à souhait ! D'une finesse risible, il est aussi effrayant que peut l'être le parrain d'une mafia à la tête d'une ville depuis 20 ans ! Turturro est très bon et à su joue d'une violence toute en retenue pour mieux instiller la peur dans ses adversaires. Mais à se croire intouchable, on oubli que les ennuis ne sont jamais loin dans cette ville. 


 Au total, The Batman est un grand film d'enquête, d'action et de vengeance pour un héros en colère. De la vengeance à la violence d'une illusion perdue dans les ténèbres, le justicier fera un pas supplémentaire dans sa mission pour sauver sa ville ou du moins l'amener dans la bonne voie. 

Pattinson, Kravitz et Dano sont parfaits ! 

Une suite serait en préparation et une série dérivée aussi !!! 

Bon film ! 


Bande annonce  :





jeudi 27 août 2020

Tenet

Tenet : Par delà le temps, un avenir et un passé se percutent pour un destin emmêlé !




Alors qu'il travaille pour la CIA, un agent se retrouve sur une nouvelle mission.
Il est recruté par TENET. Cette nouvelle agence veut empêcher une espèce de troisième guerre mondiale.
Il va alors se découvrir que le monde n'est plus tout à fait ce qu'il était et que le temps, la physique et leurs lois vont être perturbés par une série d’événements à empêcher.
La course contre la montre se met alors en route !
Mais dans quel sens ?


Bienvenue dans les méandres du temps !

C'était le film le plus attendu de cet été !
Et il sait tenir ses promesses !


Tenet est un film complexe et intelligent !

Christopher Nolan nous a habitué à des films conçus comme des puzzles. Qui nous guident dans une histoire souvent à tiroirs et avec son plein de surprises.

Ici, on ne déroge pas à la règle et le réalisateur se sert de son thème préféré : Le Temps !

Car dans la mission de notre Protagoniste, le temps est essentiel.
Le temps de faire les choses comme la course contre celui-ci pour arriver à sauver le monde.

Il y a aussi la peine d'une génération passée pour un futur à sauver... ou un passé... Attention, Migraine assurée !

Le film est construit comme un palindrome. Il se joue de notre sens linéaire de lecture pour imposer sa force et ses indices.
Car au fur et à mesure que l'on avance dans l'histoire, chaque petite pièce se met en place pour avoir son impact dans l'autre sens temporel !

La force du scénario et son intelligence sont là.
Il n'est pas compliqué de comprendre son sens. Il faut juste se laisser porter et découvrir, sentir.

Une phrase du personnage de Clemence Poésy est d'ailleurs la clé de la compréhension :
"Ne cherchez pas à comprendre! Ressentez !"

Une fois passé cela, savourez !


Certaines scènes, moments sont même assez évidents et se devinent facilement !
Mais les voir apparaître à l'écran reste un réel plaisir !

Je ne veux pas spoiler le film je vous conseil de le voir et même de retourner le voir pour mieux le comprendre et l'apprécier !

Question scénario, en dehors des notions de physiques, ce film nous propose un bon film d'espionnage aux enjeux importants et imposants.
C'est fluide, intelligent, complexe mais sans trop !


Nolan a cherché à nous emmener et même si l'on traîne un peu les pieds dans la compréhension, une fois passer le premier stade, on se laisse mener dans l'action et tout autour du monde et de son monde !

Il s'est inspiré du carré Sator, un palindrome parfait qui résume l'ensemble du film !


Je vous met ci-dessous les liens vers des articles qui en parleront mieux que moi, mais qui sont à spoiler !!!

Donc attention !!!

- Tenet : Explications, théories et questions autour du film ! Par les Toiles héroïques !
Il y a ici des théories plus qu'intéressantes et qui se retrouve avec ce que j'avais compris du film !

 Tenet : Explications, théories et questions autour du film !

- Tenet : que signifie le titre du film ? Par Allociné
Encore une explication du carré Sator !

 Tenet : que signifie le titre du film ?

- Tenet : tentative d'explication et éléments de réponses sur le scénario : Par Première.
De nouvelles explications qui se rejoignent et qui apporte un certains lot de questions aussi !

 Tenet : tentative d’explication et éléments de réponse sur le scénario

-Tenet : Les réponses ! Par Le journal du Geek !
Une partie des réponses aux questions que l'on peut se poser à la fin du générique !

 Tenet : vous n’avez rien compris au film ? Voici des réponses !


Au niveau de la réalisation, Nolan nous offre du grand spectacle !
Il maîtrise à la perfection son sujet et sa caméra !

Les acteurs sont époustouflants !


John David Washington est une véritable découverte pour moi et il en impose énormément !
Charismatique, physique, il est à la fois sérieux et pince sans rire ! Face à tous ces anglais, c'es un délice !
Robert Pattinson est tout aussi bon ! Il est lumineux là où John David Washington est plus sombre car plus impliqué et au centre ! Il prouve qu'il peut aussi être dans un film d'action !
Quand à Elizabeth Debicki, elle arrive à être à la fois sensible et forte. Face à tous ces grands acteurs, elle est plus qu'à la hauteur ! Physiquement et Psychologiquement !
Kenneth Branagh fait froid dans le dos et donne un méchant à la hauteur de ses adversaires !
Et je donne une mention honorable à Aaron Taylor Johnson qui n'est pas là longtemps, mais qui arrive à être drôle et puissant !


La dernière chose qui frappe dans ce film c'est sa musique !
Ludwig Göransson nous offre des morceaux d'une puissance folle !
Ça claque dès la première note ! La musique soutient et emporte l'action au plus haut point !
Elle vous scotche au fauteuil du début à la fin du film !

Au total, Tenet est LE film de l'été qui tient toutes ses promesses !
C'est du grand spectacle qui emporte le spectateur par delà l'écran dans un voyage inédit avec le temps  !
A voir plus d'une fois pour en comprendre toute sa portée !

Foncez !!

Bon film :


Bande annonce :






Making of du film !




lundi 31 décembre 2018

High Life

High Life : Vers l'infini et très très au-delà !




Alors qu'ils étaient des criminels, une bande de jeunes est recrutée en prison et envoyée dans l'espace pour servir de cobaye dans une expérience scientifique et humaine.
Entre vide, infini et prison de métal, les relations seront explosives...


C'est une oeuvre vraiment très particulière qu'offre Claire Denis.

La dérive des personnages dans cet univers sans fin avec pour but de découvrir les secrets de la vie ouvre sur certains sujets complètements opposés (Tabou).
C'est en complète opposition que se trouvent la vie et la mort, l'infini de l'univers et la prison que représente le vaisseau, le désir et l'abstinence.
En celà le film trouve un certain équilibre, mais il n'est pas à la portée de tout le monde.


En effet, c'est très abstrait dans l'absolu et il faut arriver à voir au delà de ce que nous propose l'image pour trouver le vrai message derrière la caméra.
Certaines clé se trouve au début du film dans le comportement du personnage de Robert Pattinson parlant à la petite fille.
En effet, Claire Denis n'a pas voulu se prendre pour plus intelligent mais a voulu nous enseigner sa vision de certaines valeurs et idées.


Le tout est assez perturbant et je réitère, pas à la portée de tout le monde.
Entre scènes classiques et épurées et des scènes plus bouillons et confuses, on se perd dans les méandres de l'espace que créé la réalisatrice.


Robert Pattinson a déjà prouvé à plusieurs reprises que les défis font ressortir ce qu'il a de meilleur dans son jeu d'acteur.. Ici, il arrive à transmettre de sacrées émotions dans le vide que propose le film.
Il est intéressant de le voir interagir avec la petite fille mais aussi avec les personnages soit mono-sentimentaux (trop dure la vie) soit la complexe Juliette Binoche qui part dans un sacré délire !



Au total, je ne mettrai pas ce film entre toutes les mains mais il peut être regardé dans une recherche de minimalime expressif ou de tentative de recherche de la métaphore absolue.
Certain le nomme chef d'oeuvre, je n'irai pas jusque là !
A vous de vous faire votre opinion ! J'ai eu du mal à me faire la mienne en sortant de la salle !


Bon film :




Bande annonce :




dimanche 4 juin 2017

Good Time

Good Time : road trip furieux pour un amour fraternel fusionnel




Nick Nikas est un jeune homme qui vit avec sa grand-mère et son frère, Connie.
Ce dernier veut faire un braquage avec son frère pour démarrer une nouvelle vie. Mais après le casse, Nick se fait arrêter. Connie essaie de le faire sortir en payant une caution, mais une autre option va alors se présenter à lui. Il va tenter de le faire évader. Va alors commencer une virée d'enfer pour tout mettre en oeuvre pour retrouver Nick.


Descente aux enfers pour trouver un peu d'espoir.


J'ai eu la chance de pouvoir voir ce film lors du Festival International du Film de Cannes. Il était présenté en compétition.

Ce film aborde beaucoup de sujets dont on pourrait débattre pendant des heures.
L'amour que se portent ces deux frères est inconditionnel. Au-delà du handicap, des difficultés financières, de la société et d'une famille bancale, ils sont là l'un pour l'autre.
Connie fait tout ce qu'il peut pour assurer un avenir heureux à son frère. Il le protège et lui promet un rêve qui est à portée de mains.
Mais c'est alors que le braquage qui leur permettait de toucher cet avenir se passe mal. Et Nick est arrêté.
Connie ne le laissera pas tomber. Il fera tout ce qui est en son pouvoir pour le sortir de prison.
La famille n'est souvent pas tout; mais ces deux-là nous prouvent que quand on aime quelqu'un on peut aller extrêmement loin pour lui.


Il y a aussi le système carcéral, le rapport avec les forces de l'ordre, les lacunes du système de contrôle judiciaire qui sont abordés.
Bien que non approfondi, on a quelque part, un aperçu des problèmes de la justice américaine.
Dans le même court laps de temps, on a le milieu hospitalier, la pauvreté, les réseaux de drogues qui sont évoqués.
Le voyage de Connie dans le New-York des bas fonds nous entraîne dans le sillage d'un arc de violence qui s’accroît au fur et à mesure que le frère s'enfonce dans son road-trip.
Mais pour moi, les réalisateurs auraient même pu aller plus loin.
Sans spoiler, il se passe beaucoup de choses dans l'histoire de ce film. Mais bien que le tout soit maîtrisé et chaotiquement parfait, on aurait pu pousser le bouchon encore plus loin.
Bien que suffisant en soit, les personnages auraient pu en subir encore plus sans que ça ne ternisse le film.


Le scénario, à la fois simple et complet nous plonge dans les méandres de la vie de cette fratrie qui explose. Alors que ça aurait pu leur péter à la figure, les scénaristes ont su tenir un rythme constant et exponentiel pour donner une impression de montée en puissance qui nous tient en haleine.
Sans répit, on suit les rebondissements des aventures de Connie.

La réalisation de Joshua et Ben Safdie (Mad Love in New York...) est juste parfaite. Avec une façon de filmer proche des plus grands, ils ont su mettre en avant les moments essentiels, la dureté de la vie, la tendresse et la détresse des frères Nikas.
C'est avec des images claquantes, colorés et hallucinogènes qu'ils font voir l'explosion de la vie de ces personnages.
Le tout est filmé avec intelligence, en plein cœur d'une action et d'une tension ultra-présentes.
Ils arrivent à mettre chacun en valeur.


Sean Price Williams qui est le directeur de la photographie a fait un travail magnifique. Que ce soient les couleurs, les ombres ou les cadrages, on plonge en plein dans les méandres de ce New-York que l'on ne voit pas souvent.

Quant à la musique du film, elle est signée Oneohtrix Point Never/ Daniel Lopatin (The Bling Ring, Partisan...). Un pur moment de transe qui fera penser à d'autres films tout en donnant une originalité à celui-ci. Puissante et marquante, elle accompagne l'action et la longue route que prendra Connie.


Côté Casting :

Robert Pattinson (Cosmopolis, The Rover, Life...) est Connie Nikas. Petit criminel, il n'en n'est pas moins un frère attentionné et aimant. Il veut offrir à Nick un avenir où il sera protégé. Mais son idée de base va virer au fiasco et le chemin pour remonter la pente va s'avérer long et ardu.
Pattinson n'est jamais aussi bon que dans les rôles extrêmes où il doit sortir ses tripes pour donner plus à son personnage. Encore une fois, il fait preuve d'un réel talent qui prend vie dans les yeux de cet homme prêt à tout pour rendre son frère heureux. Féroce, tendre et bouleversant, il a su mêler force, humour et douceur aux 99 minutes du film.


Jennifer Jason Leigh (eXistenZ, The Machinist, Les Huit Salopards...) est Corey. Petite amie de Connie, elle vit toujours chez sa mère et voit en son homme un moyen de s'échapper d'un quotidien ennuyeux. Prise au piège des mirages que lui fait voir Connie, elle ne se rend pas compte dans quoi elle s'embarque.
Leigh n’apparaît pas longtemps à l'écran, mais elle donne un côté un peu fou, décalé et humoristique avec un personnage criard et complètement à côté de la plaque.


Ben Safdie (The Acquaintances of a lonely John, Yeast) est Nick Nikas. Handicapé (il semble qu'il ait une surdité) et limité intellectuellement, Nick ne voit que Connie dans sa vie. Son frère est son repère. Il lui a promis un avenir meilleur et ne voit que par ça. Il ne comprend pas tout et se retrouvera en prison après le braquage. Il attend son frère avec impatience.
Ben Safdie en plus de réaliser, joue dans le film. Il nous offre un personnage tout en finesse et en fragilité. Sa peur l'emporte par moment et ses crises de violence nous montrent toute sa détresse. Safdie est impressionnant dans ce rôle.


Buddy Duress (Mad Love in New York, Person to Person...) est Ray. Personnage drogué qui va se retrouver embarqué dans le plan de Connie, il est complètement amoché par une vie faite de difficultés. Le road trip va être compliqué !
Duress a la tête de l'emploi et nous donne un personnage un peu cliché mais drôle par son décalage. Loin de se rendre compte de ce qui va lui arriver, il se laisse embarquer pour fuir ce qui l'attend.


Au total, ce nouveau film des frères Safdie est une vraie petite merveille de réalisation et d'interprétation. C'est une histoire forte magnifiquement portée et interprétée. Good Time nous entraîne dans son sillage et nous embarque pour une aventure puissante et attendrissante.
Sortie en salle prévue le 11 octobre 2017.

A vos tickets !


Bande annonce




Mise à jour :

Il vient de sortir pour la chanson du film un clip réalisé par les frères Safdie.
C'est une extension du film qui permet de voir jusqu'où serait prêt à aller le personnage de Connie pour son frère.



mardi 25 avril 2017

The Lost City of Z

The Lost City of Z : De l'ambition à la passion, le chemin d'une vie...




Percy Fawcett est un colonel britannique ambitieux. Il rêve de reconnaissance pour mettre sa famille à l'abri du besoin. En 1906, la Société géographique royale d'Angleterre lui propose de partir en Amazonie remonter le Rio Verde afin de cartographier les frontières entre le Brésil et la Bolivie. Sur place, l’homme se prend de passion pour la jungle et découvre des traces de ce qu’il pense être une cité perdue très ancienne. De retour en Angleterre, Fawcett veut monter une nouvelle expédition et repartir trouver cette mystérieuse civilisation.
Entre la guerre, son devoir de soldat, de mari et de père, il sera tiraillé entre sa famille et sa soif d’exploration…

Quand l'ambition se transforme en admiration et en quête de toute une vie.


C'est dans les années 1900 que l'on entame cette aventure.
Déconcertant dans un premier temps, les traditions et conditions de l'époque vont montrer que pour un homme, la moindre opportunité pour mettre sa famille à l'abri et se faire valoir dans la société, était signe d'ambition et de travail.
Mais partir à l'aventure, de façon pertinente ou inconsciente n'est jamais sans danger. Surtout quand les régions sont inexplorées et que la nature et les autochtones ne sont pas très amicaux.


Cependant, quand la découverte et l'exploration prennent le dessus, la magie opère et apporte son lot de merveilles.

C'est ce qu'il ressort de l'histoire inspirée de faits réels de ce film adapté du livre La Cité perdue de Z de David Grann.


Fawcett est un jeune officier qui rêve de gloire pour mettre sa famille à l'abri tout en gravissant les échelons de la société.
Sauf que lors de son expédition, les épreuves, la faim et les découvertes vont le changer. Il va alors devenir un explorateur à son tour et se faire des amis qui lui permettront de voir la vie autrement.
Henry Costin deviendra son ami lors de la première expédition et lui montrera que ce n'est pas si facile de découvrir des territoires inexplorés. Et les difficultés en feront de très bons amis.


Ses relations avec sa famille seront ses liens avec le monde réel alors qu'il se perd dans la jungle et dans ses recherches.

Le scénario du film nous offre des moments à la fois intenses (pendant la guerre), pleins de suspense (lors des expéditions) ou de tendresse (avec sa femme ou ses enfants).
Quelques longueurs se font sentir, mais elle sont écrasées par la magnificence de la photo et des paysages.


La réalisation de James Gray (La nuit nous appartient, Two Lovers, The Immigrant...) est très belle. Il sait mettre en avant ses personnages, son histoire et ses décors. Il a su valoriser la transformation de son héros. Très fin dans son analyse et sa façon de filmer, il sublime la jungle et donne un ton presque amoureux à une histoire aventureuse.


Côté casting :

Charlie Hunnam (Pacific Rim, Crimson Peak, Sons of Anarchy...) est Percy Fawcett. Militaire sans titre, il est rompu à la cartographie. Il rêve de gloire pour prendre correctement en charge sa famille. Son voyage en Amazonie va le transformer. Obsédé par la cité perdue, il sera tiraillé par son devoir envers sa famille et son envie de découverte.
Hunnam nous offre un personnage attachant et que l'on comprend. Dans une société patriarcale où la réussite est ce qui compte, il fait tout de même honneur à sa femme et ses enfants en les prenant en compte dans sa recherche de gloire puis de découverte. Sensible, mais fort et solide, Hunnam reste droit et charismatique pour un rôle entre 2 eaux et au tournant de sa vie.



Robert Pattinson (Cosmopolis, The Rover, Life...) est Henry Costin. Aide de Fawcett, il le guidera dans la jungle et deviendra son ami. Chevronné aux expéditions, il suivra l'explorateur dans ses aventures. Plus prudent cependant, il sera par moment la voix de la raison.
Pattinson se détache petit à petit, rôle après rôle de son côté adolescent. Ici, il fait enfin adulte et montre une nouvelle facette de son talent. Plus posé et mature, il guidera Fawcett dans sa croisade.



Sienna Miller (American Sniper, À vif !, Live by Night...) est Nina Fawcett. Femme de Percy, elle le soutiendra dans ses décisions et sera à la fois la tête et le corps de ce couple qui malgré les épreuves aura su vivre et survivre.
Miller donne une femme forte, en avance sur son temps qui saura montrer du courage et de la détermination envers les choix que son mari a faits pour elle, lui et leur famille. Douce, mais aussi très intelligente, elle amène une pointe de féminité et de lumière dans ce monde obscur.


Tom Holland (The Impossible, Au cœur de l'océan, Captain America : Civil War...) est Jack Fawcett. Premier fils de Percy et Nina, il se sentira délaissé par ce père absent. Entre les expéditions et son travail dans l'armée, il ne comprendra que lorsqu'il sera plus grand et verra la portée de l'exploration.
Holland bien qu'encore jeune dans sa carrière arrive à donner du poids à un personnage qui arrive tard dans l'histoire. C'est un peu de fraîcheur et de dynamisme dans ces grandes têtes d'affiche.



Au total, on a un film intéressant sur l'ambition et la motivation qui guident toute une vie. Romancée, l'histoire n'en reste pas moins très enrichissante et montre que la passion de l'aventure et l'amour de sa famille peuvent cohabiter.
Une transformation touchante.


A vos tickets !

Bande annonce