vendredi 2 février 2018

Pentagon Papers

Pentagon Papers : Guerre inutile et secrets d'état, du pain béni pour des journalistes épris de vérité.




En 1965, après une étude sur l'avancement des troupes américaines au Viêt Nam, un analyste se rend compte des mensonges du gouvernement sur cette guerre et décide de copier l'étude et de la divulguer en la donnant à des journaliste du New-York Times.
Après la publication d'un article, Nixon fait pression sur la justice qui ordonne l'arrêt des articles pour cause de divulgation et de contre-espionnage.
Alors qu'il n'est qu'un journal de moindre importance, The Washington Post va récupérer le scoop grâce à la motivation de son rédacteur en chef, Benjamin Bradlee. il va inciter la propriétaire du journal, Katharine Graham, à le laisser divulguer l'histoire et l'étude pour mettre le journal en avant et lui donner l'aura qu'il mérite.
Mais c'est une décision difficile à prendre, entre l'entrée en bourse du Post, les mises en garde de la justice et sa position de femme dans un monde d'homme.
Un moment dans l'histoire qui va faire basculer le destins de beaucoup de monde.


Spielberg, Streep et Hanks, un trio gagnant et d'une rare perfection.


C'est encore un pan de l'histoire non familier qui nous est présenté.
On est plus au fait du Watergate que de l'histoire du Times et du Post qui ont du lutter contre le gouvernement pour publier des secrets qui ont coûtés cher aux Etats-Unis.
Au-delà de l'espionnage, de la volonté de faire toujours plus alors qu'ils auraient pu s'arrêter et sauver des milliers de vies, les différents dirigeants américains ont user de leurs pouvoirs pour taire ces erreurs successives.
C'est avec le courage de certains hommes qui ont bravés les interdits que cette histoire a pu être raconté.
Mais aussi avec l'intelligence et le courage d'une femme qui imposera ses choix par-delà les préjugés, le mysoginisme et les conventions.
Katharine Graham a peur de décevoir, de se tromper, de perdre ce pour quoi elle s'est battue toute sa vie. Mais elle en fera fît et fera ce qu'elle pense juste.
Et ce sera gagnant par ce que le Washington Post passera de petit journal a un des plus lu des Etats-Unis.


Sacre de la vérité, de la liberté d'expression et du courage sous ses différentes formes, l'histoire ne souffre d'aucune lacune, ni de temps mort.
C'est une histoire à la fois fascinante et qui peut faire hérisser certains sentiments dans le contexte actuel de combat pour la liberté de chacun et l'égalité pour tous.


Spielberg (E.T. l'extra-terrestre, La liste de Schindler, Il faut sauver le soldat Ryan...) nous prouve encore est toujours qu'il est l'un des plus grands réalisateurs de tous les temps. Ici, il met en avant à la fois l'histoire dans son ensemble et les personnages dans leurs détails. Chaque plan amène un sentiment, un élément qui enrichit le tout. En grand maître, il reste à la fois simple et complexe dans son approche et dans ce qu'il souhaite exprimer.


John Williams (Star Wars, E.T. l'extra-terrestre, Indiana Jones et la Dernière Croisade...) est aux commandes de la musique et comme toujours sait nous régaler de morceaux doux et forts.


Côté casting

Meryl Streep (Out of Africa : Souvenirs d'Afrique, Sur la route de Madison, La Dame de fer...) est Katharine « Kay » Graham. Propriétaire du Post, elle va se retrouver dans la difficile place de choisir de publier ou pas l'histoire de l'étude sur la guerre du Viêt Nam et d'être menacée de représailles judiciaires, alors que son journal vient juste de rentrer en bourse. Elle risque de tout perdre, mais elle veut aussi que la vérité éclate dans l'esprit du journalisme. Un énorme dilemme qui va lui demander beaucoup de courage.
Streep est une star immense et une des actrices les plus talentueuses au monde. Elle prouve ici encore, qu'elle peut tout jouer. Elle fait preuve d'une grande intelligente et d'une sensibilité à fleur de peau quand elle se retrouve face à ce choix si difficile.


Tom Hanks (Philadelphia, Forrest Gump, La Ligne verte...) est Benjamin Bradlee. Rédacteur en chef du Post, il cherche ce qui pourrait faire grandir le journal, ne plus être à la traîne et donner enfin le scoop qui changera la destiné de cette entreprise. Il va flairer quelque chose au niveau du Times lorsque leur grand journaliste n'a rien publié depuis un moment. Il ne se trompera pas et bataillera pour faire pencher la balance dans son sens et donner au Post l'information qu'il mérite.
Hanks, tout comme Streep, est un acteur qui mérite tout le crédit qu'on lui donne. Il sait jouer de tout et donne la réplique à la perfection à cet autre monstre sacré du cinéma. D'une justesse incroyable et avec intelligence et passion, il joue cet acteur dans le combat pour la liberté d'expression et la vérité avec force et puissance.


Au total, c'est un film qui nous en apprend plus sur l'histoire du journalisme américain et sur la guerre du Viêt Nam. La combat pour la liberté de la presse et la liberté d'expression face aux secrets du gouvernement m'a fait penser aux lanceurs d'alerte tel que Snowden.
Le journalisme est au service des gouvernés et non de gouvernants...
Meryl Streep, Tom Hanks et Steven Spielberg nous offrent encore un merveilleux moment de cinéma.

A vos tickets.




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Les Heures sombres

Les Heures sombres : Quand le destin d'une nation repose dans les mains d'un grand homme... God save Churchill.




Alors que la seconde guerre mondiale bat son plein, les allemands gagnent du terrain et envahissent la France. Mai 1940, Winston Churchill devient premier ministre malgré l'opposition et les critiques sur ses actions passées.
Il va mener une campagne anti-Hitler très forte et déterminante.
Ses actions et ses discours mémorables resteront dans l'histoire.


Voilà une partie de l'histoire anglaise qui nous fait découvrir ce grand homme d'une toute nouvelle façon.

Je ne vais pas vous faire un cours d'histoire.
Ici, Joe Wright (Orgueil et Préjugés, Reviens-moi, Anna Karénine...) rend hommage à un homme souvent critiqué, mais qui a su apporter un souffle nouveau à un pays qui en avait sacrément besoin.

Au-delà de la portée historique, on découvre un homme impliqué, sensible et qui veut faire de son mieux pour son pays.


Churchill était colérique, exigeant mais aussi généreux et conscient du monde dans lequel il vit.

L'histoire que l'on connaît (ou pas) reste en second plan pour mettre en avant ce personnage fascinant.

Par ses grandes décisions, il sauvera des centaines d'hommes, il dirigera d'une main de fer un gouvernement ancestral et sera critiqué jusqu'au bout. Mais il apportera aussi beaucoup d'espoir et de force en ces temps si difficiles.


Les costumes et maquillages sont remarquables. Ils permettent de se fondre dans cet univers et de traverser le temps.

La réalisation de Joe Wright est juste et trouve son équilibre dans des plans parfaits qui mettent en avant chaque étape et chaque sentiment de son grand personnage.


La musique de Dario Marianelli (Orgueil et Préjugés, V for Vendetta, Kubo et l'Armure magique...) est magique (comme toujours) et permet une parfaite osmose entre les moments de grandeur et de doutes.

Côté casting :

Gary Oldman (Dracula, Harry Potter, Le Cinquième Élément...) est Winston Churchill. Homme politique puissant, il est choisi en dernier recours pour devenir le nouveau premier ministre. C'est un poste qu'il convoitait, mais qu'il redoutait également. Il prend sa charge très à cœur et ses sautes d'humeurs sont difficiles pour son entourage, mais il inspire courage et respect par ses convictions et ses grandes décisions.
Oldman est d'une incroyable perfection dans ce rôle. Acteur caméléon, il rend sensibilité, grandeur et charisme à cet homme que l'on ne connaissait peut-être pas si bien. Une prouesse qui mérite largement toutes les récompenses qu'il est en train d’acquérir.


Kristin Scott Thomas ( Quatre mariages et un enterrement, Le Patient anglais, Only God Forgives...) est Clementine Churchill. Femme de l'ombre, elle est le roc sur lequel Winston prend sa force. Elle le guide et le soutient dans ses décisions. Sans elle jamais il ne serait arrivé à cette position.
Scott Thomas est une actrice forte et sensible et qui sait parfaitement combler les atouts de ses partenaires. Elle sublime Oldman de la plus belle des façons.


Lily James (Cendrillon, Baby Drive, Downton Abbey) est Elizabeth Layton. Secrétaire particulière de Churchill, elle va être subjuguée par l'aura de ce grand homme. C'est avec un grand respect mais aussi un œil jeune et neuf qu'elle prendra son poste auprès de lui et qu'elle lui apportera soutien et encouragement.
James donne un ton résolument frais et juste à cette autre partie de l'histoire. Elle donne un autre point de vue et permet de cerner encore mieux cet homme si particulier.



Au total, Les Heures Sombres est un hommage vibrant, juste et brillant d'un homme complexe qui a beaucoup apporté à l'Angleterre. Gary Oldman est d'une grande justesse et d'une grande perfection dans ce rôle.
A voir pour l'homme et pour l'histoire.

A vos tickets.




PS : pour en savoir plus sur l'opération dynamo, je vous conseille de regarder Dunkerque de Christopher Nolan !!!
Je vous remet le lien vers mon article !  Dunkerque de Christopher Nolan


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mercredi 17 janvier 2018

Le Grand Jeu

Le Grand Jeu : Grandeur et décadence et en assumer les conséquences.




Molly Bloom est une jeune femme pleine de talents. Son père, psychologue et prof à la fac, la pousse a être la meilleure skieuse possible, malgré les blessures. Elle ira jusqu'aux sélections pour les JO, mais sur un accident, elle est obligée d'abandonner.
Elle décide de changer de vie et de prendre une année sabbatique. Elle commence a être serveuse dans un club. Elle sera repérée par un client qui lui propose d'être son assistante.
Elle va alors commencer à gérer des soirée poker pour son nouveau patron.
Mais après des différends, elle prend son envol et organise ses propres soirées.
Elle va devenir la reine du poker.
Mais attention, le rêve peut vite se transformer en cauchemar.


Bienvenue dans la vie de Molly....


Adapté du livre autobiographique de cette femme au destin extraordinaire, on découvre un autre monde dans lequel évoluent des personnes qui en ont les moyens... ou pas....

C'est avec fascination que l'on peut découvrir la vie de cette femme qui régnera sur les soirées de grands acteurs, entrepreneurs ou mafieux.


Au-delà de son envie de bouffer la vie par les 2 bouts, elle se donnera les moyens et avancera envers et contre tout.
Elle fera face à la misogynie, au harcèlement sexuel, à l'intimidation, aux drogues et à l'alcool pour tenir et atteindre les buts qu'elle s'est fixés.
Mais comme toute route, il y a forcément des embûches et tout ne sera pas rose pour Molly.

Et elle aura affaire à des gens peu respectables qui ne la laisseront pas indemne. Que ce soient son père, ses collègues ou les mafieux, elle aura affaire à de fortes têtes qui lui en feront voir de toutes les couleurs.


Et quand on sait que son histoire est vraie (certes peut-être un peu romancée...mais c'est Hollywood...); on ne peut que tirer son chapeau à cette femme forte.


Le scénario est très bon et les explications de Molly permettent de mieux comprendre tout ce qui se passe, surtout que certains passages sont un peu lourds avec le jargon du poker (les sous-titres aident... ou pas !).
Il n'y a pas de longueurs, mais par moments on se sent un peu embrouillé mais ça ne dure pas longtemps !


La réalisation d'Aaron Sorkin (scénariste notamment de The Social Networ et Steve Jobs...) est excellente pour un premier essai !
Il donne corps à ses personnages et sait leur faire prendre ampleur, charisme et sentimentalisme au bon moment.
Il permet à ses acteurs de mettre en valeur tous leurs atouts et à son histoire de se sortir de ses propres clichés !


Côté musique, Daniel Pemberton (Agents très spéciaux : Code UNCLE, Steve Jobs, Le Roi Arthur : La Légende d'Excalibur...) nous offre des pistes passionnantes qui donnent corps à une histoire et accompagnent les personnages hors normes.


Côté casting :

Jessica Chastain (Zero Dark Thirty, Interstellar, Seul sur Mars...) est Molly Bloom. Sportive, étudiante, femme d'affaire accomplie, elle passera du haut des montagnes à la bassesse d'Hollywood aux plus hauts lieux de New York. Femme intelligente et belle, elle saura mettre en avant tout ce qu'elle apprend et rentabilise ce qu'elle a misé. Elle est honnête et droite et n'enfreindra la loi qu'une seule fois ! Mais elle payera cher son ascension !
Chastain tient son plus grand rôle, même si elle a déjà pu impressionner auparavant ! Femme forte et implacable, elle ne se laisse pas abattre et tient un charisme et un standing de haute voltige ! Elle grandit bien et sait choisir ses combats !


Idris Elba (Pacific Rim, Prometheus, Mandela : Un long chemin vers la liberté...) est Charlie Jaffey, l'avocat de Molly. Elle le contacte en dernier recours après plusieurs autres pour prendre en charge son cas. Elle comparait pour organisation de jeu illégal. Dans un premier temps, il refuse, mais en apprenant à la connaître, il verra au-delà de ce que racontent les journaux et son livre. Ses conseils seront précieux.
Elba donne le change et prend le second rôle avec aisance. Il parvient à faire un parfait contre emploi de maîtrise là où Chastain part tout feu tout flamme. Paternel mais aussi amical, il sera ce dont elle a besoin sans mettre de romantisme qui aurait été déplacé !


Kevin Costner (JFK, Bodyguard, Un monde parfait...) est Larry Bloom, le père de Molly. Dur, froid, il veut ce qu'il y a de mieux pour ses enfants, mais en attend encore plus de Molly. Il la poussera au-delà de ses limites et se mettra toute sa famille à dos. Mais il n'en aime pas moins ses enfants...
Costner est un grand acteur qui se limite beaucoup depuis quelques films, mais il reste toujours d'une grande justesse et ses rôles de plus en plus paternalistes lui vont comme un gant. Il reste un modèle.
Il sait donner de la froideur à son personnage mais il sait aussi faire fondre la glace quand il faut !


Au total, Le grand jeu est un excellent film sur fond de jeu d'argent. Une vraie partie dans la vie d'une femme qui saura faire face à beaucoup d'épreuves et qui s'en sort haut la main !
Pour une première réalisation Aaron Sorkin s'en sort plus que bien et son casting se révèle fascinant !


A vos tickets !




vendredi 5 janvier 2018

Coco

Coco : Voyage au pays des morts pour retrouver ses racines et apprendre à suivre sa voix...




Miguel aime la musique et son plus cher rêve est de devenir musicien comme son ancêtre parti pour vivre de son art. Mais dans sa famille la musique est interdite. Car si le père de Mama Coco est parti, il a laissé derrière lui sa famille. Et sa femme pour ne plus souffrir a banni tout ce qui s'en rapproche.
C'est en cachette que Miguel s'exerce. Mais quant il se fait surprendre, sa grand mère casse sa guitare.
Il s'enfuit, mais pour participer au festival des talents de son village, il lui en faut une. Il a alors l'idée d'emprunter celle de Ernesto de la Cruz, la star de la chanson, car il pense que c'est son ancêtre.
Mais un phénomène magique va le transporter dans le monde des morts. En ce jour de Día de los Muertos, ayant "volé" un défunt, il est condamné à rester mort s'il n'obtient pas la bénédiction de l'un de ses ancêtres.
Une course contre la montre va alors se jouer pour Miguel afin de rentrer chez lui !

Voici le nouveau Pixar pour nous faire rêver et affronter de nouveaux sentiments.


Disney a toujours su nous transporter avec plus ou moins de magie et traduire ce qui nous semblait inaccessible ou inexprimable en images fantastiques. Après les joies de la romance, de l'enfance ou de la transformation et du passage adolescent, les génies de Pixar nous font découvrir leur sens de la mort et du deuil par la magie de la fête des morts.


Miguel se sent incompris par les siens qui ne veulent plus entendre parler de la musique.
Le fait que les ancêtres du petit garçon se soient vu délaissés pour cet art n'a fait que renforcer leur haine. Et ils ne veulent rien entendre. Pour eux seul compte le métier de la famille et l'entreprise familiale.
Mais la famille est très importante et l'amour est très présent.
Ce n'est pas parce qu'il n'aiment pas la musique et qu'ils n'entendent pas la passion de Miguel qu'ils ne tiennent pas à lui.

Miguel dans son expérience va apprendre qu'il faut s'attacher à ses rêves, mais qu'il faut aussi respecter sa famille et qu'elle nous aime malgré les différences et les changements.


C'est avec douceur et tendresse que Miguel nous fait voyager dans cette tradition et ce monde des morts. La mort, le deuil et les conséquences d'un décès et de l'oubli sont abordés de façon juste et tendre.

Alors oui, dans la forme, on peut voir des ressemblance avec La Légende de Manolo / The Book of Life, mais pour moi cela ne s'arrête qu'à l'apparence car sur le fond, les thèmes sont différents.


Pour les enfants, cela reste toujours féerique de découvrir de nouveaux horizons et les traditions de pays différents.

Les dessins comme toujours restent magnifiques et les sentiments que l'on ressent pendant le film sont aussi très forts. (essayez de résister... vous n'y arriverez pas ! #TeamKleenex !)


La musique est aussi importante que les autres personnages. Elle représente ce que ressent Miguel, mais elle est aussi tendre et douce dans les moments de retrouvailles et de compréhension.
Michael Giacchino (Ratatouille, Jupiter Ascending, Vice Versa...) a su faire un travail remarquable de sensibilité et de joie.


Le scénario est assez simple et reste dans la veine de ce que sait faire Disney/Pixar sans prendre de risques. On ne se lasse pas, il n'y a pas de temps mort, mais il n'y a pas vraiment de surprises.
En revanche, les personnages sont attachants. Que ce soit Miguel, Dante, le chien bizarre, Héctor et Coco elle-même apportent tous un moment de tendresse, de douceur ou de joie.


Le doublage n'est pas si mal et la chanson du film, Ne m'oublie pas, aura la chance de ne pas rester coincée dans nos têtes tel un Libérée, Délivrée !



Au total, ce nouveau film de la souris aux grandes oreilles ravira les grands comme les petits. D'une douceur et d'une tendresse qui vous emporteront, Coco vous fera également voyager et apprendra à une nouvelle génération d'appréhender de façon différente la mort et ses conséquences.

A vos tickets !




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Le Crime de l'Orient-Express

Le Crime de l'Orient-Express : Meurtre et limite entre le bien et le mal... lenteur et grandeur au service d'Agatha Christie.




Après un long moment à travailler, Hercule Poirot décide de prendre des vacances, mais il est vite rattrapé par sa notoriété. Il est obligé de se rendre à Londres et de ce fait prend place dans l'Orient Express, le fabuleux train de luxe qui traverse tout le continent. Mais lors de sa deuxième nuit à bord, un riche homme d'affaire corrompu est assassiné.
Pour aider son ami, le gérant du train, il va mener l'enquête avec tous ses atouts pour découvrir qui des treize passagers suspects est le coupable de ce crime.

Agatha Christie renaît de ses cendres sous une patte shakespearienne et doué pour les adaptations.


La célèbre écrivaine de roman policier anglaise est de retour sur nos grands écrans avec une nouvelle adaptation de son livre.

Les aventures du grand détective l'ont souvent fait voyager et ici l'action prend place à bord du fameux train le plus luxueux, tel un Titanic sur rails !


Mr Poirot est connu pour son grand sens de la justice et de l'observation. Avec de grands principes et une acuité sur-développée, il mène une enquête méthodique et millimétrée.


C'est une histoire très connue et donc, on n'est pas franchement surpris par le scénario (à moins de ne l'avoir jamais lu ou de n'avoir jamais vu d'adaptation...).
En dehors de l'enquête, les thèmes du crime, du bien et du mal, de la vengeance et des limites qui sont floues voire plus adaptées, permettent d'enrichir l'histoire.


Étoffé, le crime et chaque étape pour le résoudre sont intéressants.
Seul vrai bémol, le rythme.
Il y a beaucoup de longueurs, mais je pense que cela colle avec le temps de réflexion et avec l'ambiance confinée du film.
Bien que l'on peut trouver le temps long, je trouve que les silences, les longueurs permettent de faire le bilan et de prendre (un peu trop) le temps de trouver la solution au mystère.


La photographie, les costumes, décors et maquillages sont splendides !
La reconstitution du train, et chaque détails mettent en valeur l'histoire et ses personnages.

La réalisation de Kenneth Branagh (Beaucoup de bruit pour rien, Hamlet,Thor...) est très belle, un peu contemplative et lente, mais elle respecte bien le livre et prend le temps de développer son histoire.


La musique est signée Patrick Doyle (Beaucoup de bruit pour rien, Raison et sentiments, Hamlet...). Douce et envoûtante, elle vous transporte dans le temps décrit et vous emmène dans le monde d'Hercule Poirot.


Côté casting :

Kenneth Branagh (Harry Potter et la Chambre des secrets, The Ryan Initiative, Dunkerque...) est Hercule Poirot. Grand détective, il cherche avant tout à faire en sorte que la loi soit respectée et que justice soit faite. Le meurtre de Ratchett va entraîner une suite de découvertes qui vont le faire réfléchir sur les limites entre le bien et le mal.
Branagh est un excellent comédien qui arrive à faire ressortir de ses personnages leur essence la plus littéraire. Au delà des aspects tatillons, il est d'une sagesse et cherche toujours à voir au delà de ce que laisse apercevoir les gens.


Penélope Cruz (Tout sur ma mère, Vicky Cristina Barcelona, Volver...) est Pilar Estravados. Missionnaire, ancienne nurse, elle a fait de la religion sa loi et son bouclier face aux épreuves de la vie. Le meurtre va profondément la secouer. Mais n'est elle pas liée à l'affaire ??
Cruz fait de son personnage une femme forte mais aussi très sensible ce qui l'a mené à la situation dans laquelle elle se trouve. Entre un certain mépris qui sert de déguisement et une sensibilité à fleur de peau, Cruz donne le change avec justesse.


Judi Dench (Orgueil et Préjugés, Casino Royale, My Week with Marilyn...) est Princesse Natalya Dragomiroff. Grande dame de la haute société, elle est maniérée, mais aussi avide de sagesse et de savoir. Personnage hautain, mais qui aime la franchise, elle est à la fois intriguante et antique. Quel pourrait être son lien avec le meurtre ?
Dench est d'une justesse et d'une perfection qui n'en revient qu'aux immenses actrices. Elle donne une grandeur et une force à son personnage qui forcent le respect !


Johnny Depp (Edward aux mains d'argent, Sleepy Hollow, Pirates des Caraïbes...) est Samuel Ratchett. Marchand, trafiquant, il n'est pas quelqu'un de très respectable. Dans ses affaires, il s'est fait des ennemis. Il demande à Poirot de le protéger le temps de leur arrivée à Londres, mais celui-ci refuse. Le lendemain, il est retrouvé mort assassiné. L'enquête est alors ouverte...
Depp fait ce qu'il sait le mieux faire, du Depp. Toujours dans les mêmes mimiques,  il n'en reste pas moins juste et offre un personnage parfaitement détestable.


Michelle Pfeiffer (Scarface, Les Liaisons Dangereuses, Batman : Le Défi...) est Mme Caroline Hubbard. Veuve, elle vient chercher du divertissement dans ses voyages. Et pour le coup, elle sera servie cette fois-ci ! Alors qu'elle a été abordée par Ratchett, elle fera partie des suspects comme tous les autres. Mais l'est-elle vraiment ?
Pfeiffer fait un retour en forme cette année au cinéma. Absente depuis quelques années, elle revient avec des rôles certes secondaires, mais qui par leur présence donnent un sens au film et à l'histoire. C'est une grande actrice qu'on ne peut être que content de retrouver sur grand écran.


Daisy Ridley (Star Wars, épisode VII : Le Réveil de la Force, La Jeune Fille et son aigle) est Mary Debenham. Gouvernante, elle est parti de son dernier poste pour retourner chez elle et commencer une nouvelle vie. Mais sur le pont du bateau en direction de l'orient express, elle a une discussion bien étrange avec un homme. Poirot ne pourra que douter de sa candeur et sa naïveté.
Ridley commence à s'épanouir dans ses rôles au cinéma. En dehors de la célèbre franchise dans la galaxie lointaine, elle offre ici une performance qui est excellente et qui donne un côté frais et intelligent. Elle défend la femme forte et indépendante contre les préjugés de la société.
Elle va aller loin !



Au total, on a une adaptation d'une grande élégance avec un casting 4 étoiles, mais qui a un rythme un peu lent. Très beau, très bien filmé, il est sauvé par ses grandes star et par son histoire intemporelle.

A vos tickets !



Bande annonce :