Christian Bale en Dick Cheney ! Encore une folle transformation pour l'acteur de Batman et Psycho !
Et on complète le casting avec Sam Rockwell, Amy Adams et Steve Carell !
Café Society : tomber amoureux est douloureux surtout quand le sort n'est pas d'accord.
Bob est un jeune homme qui cherche à s'accomplir. Mais coincé entre la petite bijouterie de ses parents et les coups tordus de son frère, il décide de tenter sa chance à Hollywood auprès de son oncle Phil. En effet, celui-ci est un agent très réputé et connu du gratin des acteurs et producteurs du 7ème art.
Une rencontre va bouleverser Bob. La secrétaire de Phil, Vonnie, tout en ayant les pieds sur terre, est une jeune fille qui rêve au grand amour et de s'installer. Elle va se prendre d'amitié pour Bob, mais lui va tomber amoureux.
Alors que la jeune fille fréquente quelqu'un, lui se morfond et lui fait une cour discrète. Mais lorsqu'elle devient célibataire, leur relation évolue.
Mais l'amour est toujours aussi compliqué et rien n'est simple pour Bob qui ne trouve sa place qu'auprès de Vonnie.
New Yotk lui manque et son frère lui propose de s'associer pour ouvrir un club.
Alors que tout change, les amours se font et se défont. La famille est une source de soutien et de problèmes aussi. "La vie est comédie, écrite par un auteur sadique !"
Nous voici repartis pour un nouveau tour au pays de Monsieur Woody Allen (Match Point, Magic in the Moonlight, Tout le monde dit I Love You...).
Sans polémique, je ne suis pas fan de l'homme, mais je trouve son travail assez intéressant.
Ici il nous décrit le New York et le Los Angeles des années 30 et ce que les gens sont prêts à endurer pour trouver leur voie et vivre leurs rêves.
Un peu moins dramato-biographique et replié sur lui même, on trouve depuis quelques films chez ce réalisateur une volonté de dépeindre les méandres des années folles et ce qu'a pu être cette époque, des années colorées mais aussi sombres et torturées.
Versé dans la comédie satyrique, Allen trouve ici, un vent de fraîcheur que j'avais pu constater auparavant dans Magic in the Moonlight. Je pense que l'on peut dire que cela vient de ses actrices principales qui ont une aura lumineuse ce qui faisait parfois défaut dans d'autres de ses films.
Les personnages sont ambitieux et veulent trouver leur place dans une société qui colle des étiquettes. Dans celle que nous montre Allen, ils ont le choix entre l'ouest lumineux et rêveur et l'est plus sombre et aux prises avec une violence sous-jacente d'un banditisme grandissant.
Alors qu'il ne cherche qu'à s'accomplir, Bob va voir sa vie bouleversée et prendra un chemin auquel il ne s'attendait pas.
L'amour va amener Bob à faire des choix qu'il ne pensait pas possibles et il va se retrouver à une place à laquelle il ne s'attendait pas forcément au début de son histoire.
Il est littéralement amoureux et tombe de haut quand tout est chamboulé.
Mais il est intelligent et saura apprendre de ses erreurs et du monde qui l'entoure.
Il y a des questions de profits et de pouvoir, mais aussi une partie sur les sentiments et la place qu'ils prennent dans notre vie.
Allen aborde aussi le sujet de la fidélité, de la loyauté et de faire ce qui est juste même si notre cœur nous dit que c'est faux !
Il est important de tenir ses promesses et ses engagements, quels qu'ils soient !
La réalisation est toujours la même. Du Allen pur style ! Son hommage aux années 30 se reflète également dans sa manière de cadrer, de filmer. Il y a des plans typiques des films de ces années-là !
C'est fluide, lumineux et dynamique.
Le scénario est bon. Il y a des sentiments, un peu d'action et de l'humour savamment dosé !
La musique est délicieusement jazzy, un régal pour les oreilles !
Côté casting
Jesse Eisenberg (Social Network, Insaisissables, American Ultra...) est Bobby. Jeune new-yorkais qui se cherche et rêve d'une vie autre que celle de bijoutier ou gangster. Il part à Hollywood pour une nouvelle vie. Il sera frappé par l'amour et sa vie ne sera plus jamais la même ! Au-delà de ce que ça lui aura fait, il trouvera sa voie et travaillera pour être heureux. Même quand le destin lui mettra des bâtons dans les roues !
Eisenberg reste égal à lui-même. On retrouve ses mimiques habituelles, mais son jeu reste sensible et son personnage lui colle bien à la peau. Certains en font un Allen jeune .... pourquoi pas ! C'est une étiquette qui risque de lui coller, il va falloir qu'il se renouvelle.... Heureusement Zombieland 2 arrive en préparation.
Kristen Stewart (On the road, Sils Maria, American Ultra...) est Vonnie. Ancienne actrice devenue secrétaire, posée, elle est rêveuse, mais sait ce qu'elle veut et ne veut pas. Elle va tomber amoureuse de 2 hommes qui l'aimeront en retour. Ses choix détermineront les destins des personnages de l'histoire. Elle sera un pilier dans le déroulement des actes.
Stewart est une actrice plus qu'intéressante et qui a su se renouveler au fur et à mesure des rôles qu'elle choisit. Ici, on aura beau dire, elle est lumineuse, souriante et fraîche. Un rôle parfait à contre emploi chez une personnalité plus souvent torturée et qui cherche des défis à relever. Elle a su montrer beaucoup de douceur et de retenue tout comme de la lumière et de la sensibilité.
Steve Carell (Little Miss Sunshine, Crazy, Stupid, Love, Foxcatcher...) est Phil. Oncle de Bob, il est un agent très connu à Hollywood. Puissant, il prendra son neveu sous son aile, mais tout comme Vonnie, ses actes décideront de plusieurs destins. Tendre, un peu perdu, il est à la foi attachant et déroutant par son égocentrisme.
Carell est un acteur aux multiples facettes et qui de plus en plus sait jouer sur différents tableaux. Ici, il ne fait pas exception surtout qu'il a remplacé au pied levé Bruce Willis.
Blake Lively (Green Lanterne, La vie privée de Pippa Lee, Adaline...) est Veronica. Nouvelle rencontre de Bob, elle représentera une nouvelle page de son histoire.
Lively a un rôle de personnage secondaire, mais n'en reste pas moins lumineuse. Elle ramène, elle aussi, de la fraîcheur et de la sensibilité dans le pseudo cynisme/ fatalisme de l'histoire de Bob.
Corey Stoll (Dark Places, Ant-Man, Strictly Criminal...) est Ben, le frère de Bob. Gangster notoire, il fait ce qui lui semble être de son devoir pour survivre et faire vivre sa famille. Il l'aime même s'il est décalé par rapport à la société bien pensante. Il cherche le profit pour trouver le bonheur.
Stoll est un acteur caméléon qui sait jouer différents types de rôles! Il reste drôle et touchant malgré sa brutalité apparente.
Au total, on a un film qui parle d'amour et destins contrariés dans les années 30. On fait le plein de rêves et de paillettes, mais aussi de banditisme et de violence.
On a les 2 faces d'une société qui trouve son équilibre au travers de personnages hauts en couleurs et qui se cherchent, même s'ils pensent savoir où ils vont.
Du bon Woody Allen.
Le film a fait l'ouverture du festival de Cannes 2016
The Big Short : Le Casse du siècle : Casting 5 étoiles pour les dessous de la crise économique de 2007 !
En 2005, le Dr Michael Burry, ancien neurologue reconverti en gérant de fonds, découvre une faille dans le système financier des emprunts bancaires. Il décide donc de parier contre les banques et d'attendre l'explosion de la bulle financière.
D'autres ont vent de ses décisions et en font autant.
Ces 4 personnes vont faire exploser le marché américain et par conséquent déclencher la crise économique de 2007 à 2010 tout en s'enrichissant au plus haut point !
Un pari audacieux pour un résultat au delà des espérances... mais aussi catastrophique. Bienvenue dans l'enfer de Wall Street !
Ce film nous ramène quelques années en arrière là où tout semblait possible à Wall Street.
Il a fallu qu'un ancien neurologue atteint du syndrome d'Asperger mette son nez dans les dossiers d'hypothèque des banques pour y trouver des failles et entrevoir les possibilités de gagner le jackpot.
En effet, il voit dans les différentes strates d'emprunts et y voit le moyen de rafler le pactole.
Seulement au début personne n'y croit.
Il parie donc gros contre les banques qui se croient sûres d'elles.
Et les courtiers d'un tel phénomène se vantent... Et ça ne tombe pas dans l'oreille d'un sourd.
3 autres personnes vont voir ce problème par la suite et s'engouffrer dans la brèche ouverte par Burry.
Ce film est d'une intelligence folle.
Ne pas se fier au titre.
Il n'est pas du tout monté comme un casse, mais comme une partie de poker.
C'est un vrai jeu de chance dans un premier temps, puis on en arrive à un jeu de force mentale à celui qui craquera et pour finir on retombe sur les convictions prouvées par le premier joueur !
Tel un vrai combat, on voit chaque participant entrant dans le ring, pensant que la banque, ce Goliath, va tout rafler sur son passage. Mais c'est sans compter sur la ruse et l'intelligence du petit David, courtier, investisseur, gérant de fonds, qui fera renverser la vapeur !
C'est un peu compliqué de suivre tous les termes techniques de Wall Street. Mais cependant, le film donne dans son format, genre reportage, une façon de nous expliquer les choses plutôt amusante.
Ils ont pris des célébrités telles Anthony Bourdain (chef cuisinier et animateur télé), Selena Gomez (chanteuse et actrice) et Margot Robbie (actrice) pour nous expliquer des mots ou actions qui ne sont pas à la portée de tout le monde. Ça apporte une touche d'humour qui est bien nécessaire.
Parce que, même si l'on est du côté des opportunistes dans un premier temps, le film aborde dans un dernier instant l'impact que la crise aura sur les gens et les conséquences de l'explosion de la bulle financière.
En effet, il est beau de montrer aux banques que l'on est les plus forts, mais derrière, vont se trouver toutes les petites mains qui vont perdre leurs emplois, leurs maisons....
C'est les 2 jeunes apprentis financiers qui vont prendre cette réalité de plein fouet lorsque leur mentor la leur dévoile !
Et cette tentative d'honnêteté rend le film attachant.
On suit avec attention les défis que se lancent ces hommes que ce soit par ambition, pour prouver qu'ils sont les meilleurs ou juste pour le jeu.
L'histoire est prenante. On ne s'ennuie pas, malgré le jargon !
Elle est adaptée du livre de Michael Lewis : The big Short
C'est rythmé et stylé. Le scénario est vraiment bien et on se laisse emporter par l'histoire et les changements de plans.
La musique du film est top. Elle accompagne bien les différents moments clés de l'histoire. Nicholas Britell (Whipash, New York I Love You...) fait du très bon travail.
La réalisation de Adam McKay (Frangins malgré eux, Very Bad Cops, Saturday Night Live...) est pas mal du tout. Il ne nous a pas habitué au genre et s'en sort très bien.
Il faut dire qu'il a un sacré casting derrière !
Côté casting :
Christian Bale (American Psycho, Triologie Batman, The Fighter...) est le Dr Michael Burry.Autiste, mais aussi neurologue et fin gérant de fonds, il est à l'origine de l'idée de parier contre les banques. C'est une action risquée qui lui vaudra des soucis, mais qui sera payante ... et pas qu'un peu.
Bale comme à son habitude est grand. Il nous offre une belle performance d'un être, un peu perturbé par les liens sociaux, mais qui est plus que certain de ses capacités. D'une intelligence rare, il sera la clé qui ouvrira la porte de la crise.
Steve Carell (Little Miss Sunshine, Crazy, Stupid, Love, Foxcatcher...) est Mark Baum, un manager qui ne mâche pas ses mots et qui fait en sorte de sauver au maximum les gens de la faillite.
Il enquêtera et verra l'inéluctabilité de la crise.
Carell est passionnant dans ce genre de rôle à contre emploi. Déjà dans The Foxcatcher il était extra, ici aussi, il arrive largement à la hauteur des grands qui l'entourent.
Ryan Gosling (Drive, Gangster Squad, The Place Beyond The Pines...) est Jared Vennett, un trader qui veut remporter le gros lot.
Il ne mache pas ses mots et met directement les pieds dans le plat. Il emmenera Baum avec lui dans l'aventure.
Gosling et Carell formaient déjà un duo d'enfer dans Crasy, Stupid, Love, et ici, ils remettent le couvert. Leurs échanges sont jubilatoires.
Gosling est très bon... Meilleur qu'à la réalisation ou dans la contemplation de Refn
Brad Pitt (7 ans au Tibet, Burn After Reasing, World War Z...) est Ben Rickert, ancien trader qui s'est retiré du circuit. Il va aider les 2 juniors de la bande à faire en sorte que leur projet aboutisse.
C'est le papa ours dont avait besoin la bande d'acteurs.
Producteur, du film, il est à la foi discret mais sait s'imposer quand c'est son tour.
Pitt reste une valeur sûre et a du poids face aux autres acteurs.
Il donne une jolie leçon aux petits nouveaux qu'il accompagne.
Au total, on a un film intéressant, intelligent, qui peut faire peur aux vues de la portée économique, mais qui nous apprend plein de choses.
Un casting 4 étoiles et une réalisation au point, on passe un très bon moment.
Foxcatcher : Carell et Tatum luttent pour s'élever ... Puissant !
Mark Schultz, lutteur, est médaillé d'or des jeux Olympique de 1984 et champion du monde en 1985 . Il s’entraîne pour les prochains championnats du monde avec son frère, Dave, également médaillé en 1984 et nettement plus reconnu.
Mark reçoit un appel de John Du Pont, un riche philanthrope et écrivain qui souhaite le soutenir et lui offrir tout ce qu'il faut pour gagner. Il veut monter une équipe qui gagnera les prochaines compétitions internationales.
Mark saute sur l'occasion. Timide et renfermé, il voit en Du Pont une figure paternelle qu'il veut satisfaire. Il souhaite aussi pouvoir se faire un prénom, sans Dave.
Mais Du Pont, recherchant sans cesse l'appréciation et la reconnaissance de sa mère qui le dénigre, pousse Mark à prendre de mauvaises habitudes qui affectent son entrainement et ses performances.
Du coup, il engage aussi Dave, ce qui renferme un peu plus Mark, très affecté par ce rejet.
Le comportement troublant et cyclothymique de Du Pont va l'amener à une fin tragique ....
Adapté d’événements réels, le film est une histoire de lutte, d'amitié, de fraternité, mais aussi de valeurs et d'estime de soi.
Le film est réalisé par Bennett Miller ( Truman Capote, Moneyball). A la fois un peu brouillon, mais aussi un peu sombre, il fait ressortir toute la détresse et les efforts que font les personnages pour se sortir de leur situation. La mise en scène est plutôt forte et impressionnante.
On sait qu'il va se passer quelque chose de grave en voyant le comportement de Du Pont dès le début. Il est ambigu, mais persévérant. Il veut plus que tout plaire à sa mère tout comme Mark veut sortir de l'ombre de son frère. Ce sont 2 êtres un peu perdus qui font ce qu'ils peuvent avec ce qu'ils ont pour réaliser leurs rêves. Mais Du Pont, cyclothymique, se joue , quasi sans le savoir, de Mark. Celui ci fragile, en cherche de reconnaissance et de réconfort, se laisse emporter dans cette relation pseudo paternelle/filiale, de coach à sportif.
Dave, plus construit et posé, avec une vie de famille bien encrée ne comprendra que trop tard ce qu'il se passe.
Le film est très bon, primé au dernier festival de Cannes ( Prix de la mise en scène), il souffre de quelques longueurs, mais compensées par une réalisation impeccable et un jeu d'acteurs fantastique !
Côté casting, dans le rôle de Mark Schultz, on retrouve Channing Tatum ( Gi Joe, Dear John, Magic Mike...). Plutôt habitué aux rôle de beaux gosses ou de gros bras badass, il explose dans ce rôle tout en retenue, en fragilité et en justesse. Presque simiesque, il a fait un énorme travail de posture et d'expression faciale. Il en épatera plus d'un et passe un cap avec ce rôle.
John Du Pont est interprété par Steve Carell ( The Office, Little Miss Sunshine, Crazy Stupid Love...). Tout comme Tatum, il est plus connu pour des rôles aux antipodes de celui ci. Et je doit dire que sur les 3 acteurs, c'est lui qui a la transformation la plus impressionnante !!! ( il est d’ailleurs nommé aux Oscars !) Froid et détaché, il se révèle au fur et à mesure compliqué et perturbé. Un énorme travail de posture, de gestuelle et de maquillage en font une autre personne.
Et Dave Schultz est interprété par Marc Ruffalo (Zodiac, Shutter Island, Avengers ... ). Plus posé et encré dans la vie de tous les jours, il ne souffre pas des mêmes besoins émotionnels que son frères. Ruffalo lui donne le charisme reconnu à ce lutteur.
Il y a aussi au casting Anthony Michael Hall (DeadZone ... ) et Vanessa Redgrave ( Mission Impossible, Une vie volée, Reviens moi .... ).
Il me manquait quand même un peu de la mise en avant des valeurs de ce sport qu'est la lutte . C'est dommage, je pense que ça aurait donné un peu plus de couleurs au film.
Au total, on a un film fort par sa réalisation et son interprétation ! Tatum et Carell sont impressionant !