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jeudi 26 mai 2016

Café Society

Café Society : tomber amoureux est douloureux surtout quand le sort n'est pas d'accord.




Bob est un jeune homme qui cherche à s'accomplir. Mais coincé entre la petite bijouterie de ses parents et les coups tordus de son frère, il décide de tenter sa chance à Hollywood auprès de son oncle Phil. En effet, celui-ci est un agent très réputé et connu du gratin des acteurs et producteurs du 7ème art.
Une rencontre va bouleverser Bob. La secrétaire de Phil, Vonnie, tout en ayant les pieds sur terre, est une jeune fille qui rêve au grand amour et de s'installer. Elle va se prendre d'amitié pour Bob, mais lui va tomber amoureux.
Alors que la jeune fille fréquente quelqu'un, lui se morfond et lui fait une cour discrète. Mais lorsqu'elle devient célibataire, leur relation évolue.
Mais l'amour est toujours aussi compliqué et rien n'est simple pour Bob qui ne trouve sa place qu'auprès de Vonnie.
New Yotk lui manque et son frère lui propose de s'associer pour ouvrir un club.
Alors que tout change, les amours se font et se défont. La famille est une source de soutien et de problèmes aussi. "La vie est comédie, écrite par un auteur sadique !"

Nous voici repartis pour un nouveau tour au pays de Monsieur Woody Allen (Match Point, Magic in the Moonlight, Tout le monde dit I Love You...).

Sans polémique, je ne suis pas fan de l'homme, mais je trouve son travail assez intéressant.


Ici il nous décrit le New York et le Los Angeles des années 30 et ce que les gens sont prêts à endurer pour trouver leur voie et vivre leurs rêves.
Un peu moins dramato-biographique et replié sur lui même, on trouve depuis quelques films chez ce réalisateur une volonté de dépeindre les méandres des années folles et ce qu'a pu être cette époque, des années colorées mais aussi sombres et torturées.
Versé dans la comédie satyrique, Allen trouve ici, un vent de fraîcheur que j'avais pu constater auparavant dans Magic in the Moonlight. Je pense que l'on peut dire que cela vient de ses actrices principales qui ont une aura lumineuse ce qui faisait parfois défaut dans d'autres de ses films.


Les personnages sont ambitieux et veulent trouver leur place dans une société qui colle des étiquettes. Dans celle que nous montre Allen, ils ont le choix entre l'ouest lumineux et rêveur et l'est plus sombre et aux prises avec une violence sous-jacente d'un banditisme grandissant.
Alors qu'il ne cherche qu'à s'accomplir, Bob va voir sa vie bouleversée et prendra un chemin auquel il ne s'attendait pas.
L'amour va amener Bob à faire des choix qu'il ne pensait pas possibles et il va se retrouver à une place à laquelle il ne s'attendait pas forcément au début de son histoire.
Il est littéralement amoureux et tombe de haut quand tout est chamboulé.
Mais il est intelligent et saura apprendre de ses erreurs et du monde qui l'entoure.


Il y a des questions de profits et de pouvoir, mais aussi une partie sur les sentiments et la place qu'ils prennent dans notre vie.
Allen aborde aussi le sujet de la fidélité, de la loyauté et de faire ce qui est juste même si notre cœur nous dit que c'est faux !


Il est important de tenir ses promesses et ses engagements, quels qu'ils soient !

La réalisation est toujours la même. Du Allen pur style ! Son hommage aux années 30 se reflète également dans sa manière de cadrer, de filmer. Il y a des plans typiques des films de ces années-là !
C'est fluide, lumineux et dynamique.

Le scénario est bon. Il y a des sentiments, un peu d'action et de l'humour savamment dosé !

La musique est délicieusement jazzy, un régal pour les oreilles !


Côté casting

Jesse Eisenberg (Social Network, Insaisissables, American Ultra...) est Bobby. Jeune new-yorkais qui se cherche et rêve d'une vie autre que celle de bijoutier ou gangster. Il part à Hollywood pour une nouvelle vie. Il sera frappé par l'amour et sa vie ne sera plus jamais la même ! Au-delà de ce que ça lui aura fait, il trouvera sa voie et travaillera pour être heureux. Même quand le destin lui mettra des bâtons dans les roues !
Eisenberg reste égal à lui-même. On retrouve ses mimiques habituelles, mais son jeu reste sensible et son personnage lui colle bien à la peau. Certains en font un Allen jeune .... pourquoi pas ! C'est une étiquette qui risque de lui coller, il va falloir qu'il se renouvelle.... Heureusement Zombieland 2 arrive en préparation.


Kristen Stewart (On the road, Sils Maria, American Ultra...) est Vonnie. Ancienne actrice devenue secrétaire, posée, elle est rêveuse, mais sait ce qu'elle veut et ne veut pas. Elle va tomber amoureuse de 2 hommes qui l'aimeront en retour. Ses choix détermineront les destins des personnages de l'histoire. Elle sera un pilier dans le déroulement des actes.
Stewart est une actrice plus qu'intéressante et qui a su se renouveler au fur et à mesure des rôles qu'elle choisit. Ici, on aura beau dire, elle est lumineuse, souriante et fraîche. Un rôle parfait à contre emploi chez une personnalité plus souvent torturée et qui cherche des défis à relever. Elle a su montrer beaucoup de douceur et de retenue tout comme de la lumière et de la sensibilité.


Steve Carell (Little Miss Sunshine, Crazy, Stupid, Love, Foxcatcher...) est Phil. Oncle de Bob, il est un agent très connu à Hollywood. Puissant, il prendra son neveu sous son aile, mais tout comme Vonnie, ses actes décideront de plusieurs destins. Tendre, un peu perdu, il est à la foi attachant et déroutant par son égocentrisme.
Carell est un acteur aux multiples facettes et qui de plus en plus sait jouer sur différents tableaux. Ici, il ne fait pas exception surtout qu'il a remplacé au pied levé Bruce Willis.


Blake Lively (Green Lanterne, La vie privée de Pippa Lee, Adaline...) est Veronica. Nouvelle rencontre de Bob, elle représentera une nouvelle page de son histoire.
Lively a un rôle de personnage secondaire, mais n'en reste pas moins lumineuse. Elle ramène, elle aussi, de la fraîcheur et de la sensibilité dans le pseudo cynisme/ fatalisme de l'histoire de Bob.


Corey Stoll (Dark Places, Ant-Man, Strictly Criminal...) est Ben, le frère de Bob. Gangster notoire, il fait ce qui lui semble être de son devoir pour survivre et faire vivre sa famille. Il l'aime même s'il est décalé par rapport à la société bien pensante. Il cherche le profit pour trouver le bonheur.
Stoll  est un acteur caméléon qui sait jouer différents types de rôles! Il reste drôle et touchant malgré sa brutalité apparente.


Au total, on a un film qui parle d'amour et destins contrariés dans les années 30. On fait le plein de rêves et de paillettes, mais aussi de banditisme et de violence.
On a les 2 faces d'une société qui trouve son équilibre au travers de personnages hauts en couleurs et qui se cherchent, même s'ils pensent savoir où ils vont.
Du bon Woody Allen.
Le film a fait l'ouverture du festival de Cannes 2016


A vos tickets




Bande annonce :






mardi 3 février 2015

Foxcatcher

Foxcatcher : Carell et Tatum luttent pour s'élever ... Puissant !


Mark Schultz, lutteur, est médaillé d'or des jeux Olympique de 1984 et champion du monde en 1985 . Il s’entraîne pour les prochains championnats du monde avec son frère, Dave, également médaillé en 1984 et nettement plus reconnu.
Mark reçoit un appel de John Du Pont, un riche philanthrope et écrivain qui souhaite le soutenir et lui offrir tout ce qu'il faut pour gagner. Il veut monter une équipe qui gagnera les prochaines compétitions internationales.
Mark saute sur l'occasion. Timide et renfermé, il voit en Du Pont une figure paternelle qu'il veut satisfaire. Il souhaite aussi pouvoir se faire un prénom, sans Dave.
Mais Du Pont, recherchant sans cesse l'appréciation et la reconnaissance de sa mère qui le dénigre, pousse Mark à prendre de mauvaises habitudes qui affectent son entrainement et ses performances.
Du coup, il engage aussi Dave, ce qui renferme un peu plus Mark, très affecté par ce rejet.
Le comportement troublant et cyclothymique de Du Pont va l'amener à une fin tragique ....


Adapté d’événements réels, le film est une histoire de lutte, d'amitié, de fraternité, mais aussi de valeurs et d'estime de soi.
Le film est réalisé par Bennett Miller ( Truman Capote, Moneyball). A la fois un peu brouillon, mais aussi un peu sombre, il fait ressortir toute la détresse et les efforts que font les personnages pour se sortir de leur situation. La mise en scène est plutôt forte et impressionnante.
On sait qu'il va se passer quelque chose de grave en voyant le comportement de Du Pont dès le début. Il est ambigu, mais persévérant. Il veut plus que tout plaire à sa mère tout comme Mark veut sortir de l'ombre de son frère. Ce sont 2 êtres un peu perdus qui font ce qu'ils peuvent avec ce qu'ils ont pour réaliser leurs rêves. Mais Du Pont, cyclothymique, se joue , quasi sans le savoir, de Mark. Celui ci fragile, en cherche de reconnaissance et de réconfort, se laisse emporter dans cette relation pseudo paternelle/filiale, de coach à sportif.
Dave, plus construit et posé, avec une vie de famille bien encrée ne comprendra que trop tard ce qu'il se passe.


Le film est très bon, primé au dernier festival de Cannes ( Prix de la mise en scène), il souffre de quelques longueurs, mais compensées par une réalisation impeccable et un jeu d'acteurs fantastique !

Côté casting, dans le rôle de Mark Schultz, on retrouve Channing Tatum ( Gi Joe, Dear John, Magic Mike...). Plutôt habitué aux rôle de beaux gosses ou de gros bras badass, il explose dans ce rôle tout en retenue, en fragilité et en justesse. Presque simiesque, il a fait un énorme travail de posture et d'expression faciale. Il en épatera plus d'un et passe un cap avec ce rôle.


John Du Pont est interprété par Steve Carell ( The Office, Little Miss Sunshine, Crazy Stupid Love...). Tout comme Tatum, il est plus connu pour des rôles aux antipodes de celui ci. Et je doit dire que sur les 3 acteurs, c'est lui qui a la transformation la plus impressionnante !!! ( il est d’ailleurs nommé aux Oscars !) Froid et détaché, il se révèle au fur et à mesure compliqué et perturbé. Un énorme travail de posture, de gestuelle et de maquillage en font une autre personne.


Et Dave Schultz est interprété par Marc Ruffalo (Zodiac, Shutter Island, Avengers ... ). Plus posé et encré dans la vie de tous les jours, il ne souffre pas des mêmes besoins émotionnels que son frères. Ruffalo lui donne le charisme reconnu à ce lutteur.


Il y a aussi au casting Anthony Michael Hall (DeadZone ... ) et Vanessa Redgrave ( Mission Impossible, Une vie volée, Reviens moi .... ).

Il me manquait quand même un peu de la mise en avant des valeurs de ce sport qu'est la lutte . C'est dommage, je pense que ça aurait donné un peu plus de couleurs au film.


Au total, on a un film fort par sa réalisation et son interprétation ! Tatum et Carell sont impressionant !

A vos tickets !


 Bande d'annonce :